
On est allé virer loin pour celle-là. D’ailleurs, il n’y avait pas vraiment grand chose de certain au cours de la semaine avant le départ. Certains spectacles ont été annulés, d’autres ce sont rajoutés à la liste. Bref, la tournée du Nouveau-Brunswick était initialement composée de 5 ou 6 spectacles dans la province maritime. On a fini par en faire deux à Campbellton, un à Edmundston, et deux autres… à Tadoussac. Inutile de signaler ici que la moitié de cette tournée n’était même pas au Nouveau-Brunswick. Ça sonnait bien, et c’est tout.
Sur la 185, le 27 juillet dernier, Tracteur Jack a vécu sa première vraie crevaison avec son nouveau véhicule. Les mécaniciens de tous les Canadian Tire que nous avons visités cet été nous ont dit que nos pneus étaient finis. Nous avons toujours refusé de les croire. Nous n’avons pas été sages. Et c’était quand même une belle crevaison, avec l’explosion, les petits dérapages et le mini moment de panique à l’intérieur du véhicule quand on roulait à 110 km/h sur un cadre de roue en métal. On a dû s’arrêter au kilomètre 85, juste avant Cabano, pour changer le pneu. Bref, vu notre incompétence, il a fallu attendre que la police débarque pour que le grand officier du nom de Steve change notre pneu à notre place. Ce soir-là, nous sommes arrivés chez Sylvie, au Bed & Breakfast au Chalet, à Edmundston. Rien de mieux pour relaxer après une journée de la sorte!
Les deux prochains jours, nous les passions à Campbellton. C’est là que nous avons appris que le nom de la ville prenait deux “L”, et non un seul. Les 48 heures passées à la Brasserie 1026, entre les tables de tavernes, les chicken wings trop épicées et nos chambres d’hôtel ont été mémorables. Nous avons pu, lors de nos temps libres, visiter la charmante rue principale de la ville. Même qu’on a trouvé le temps d’aller revirer jusqu’à la ville voisine de Dalhousie, pour visiter une église abandonnée et une fête foraine à demi déserte. Bref.
Tracteur Jack avait hâte de revenir à Edmundston! Non seulement, Sylvie nous y attendait à son B&B génial, mais aussi, le soir de notre spectacle, le 30 juillet, c’était le « Party du Parking » dans la ville, dans le cadre de la foire brayonne. Reconnu pour ses rues bondées, ses camions de bières en canette et sa musique trop forte, le Party du Parking nous excitait plus que tout. Pas seulement parce que nous allions fêter avec des Néo-Brunswickois, mais surtout, parce que le show au bar le Deck s’annonçait prometteur avec tout ce beau monde.
Dominic est d’ailleurs tombé en amour avec une serveuse du nom de Suzan le soir-même. Jeune, jolie, 20 ans, brillante, tout y était. Elle, par contre, semble être tombée amoureuse de Thierry, le frère de Dominic. Bref. Ça n’a pas eu d’impact sur le spectacle, qui s’est déroulé selon les règles de l’art: des contrebasses dans le plafond, des solo de guitares interminables et quatre garçons avec trop d’énergie pour l’ensemble des gens sur place.
Question de finir la soirée en beauté, Sylvie nous a amené dans un house party, comme on les faisait dans le temps, avec des dizaines de gens dans la même maison, à boire, à discuter et à fumer. Thierry et Julien, un peu chaudailles, se sont même déshabillés pour aller déranger les gens de la place avec leurs corps velus et leur danse douteuse. Épique.
Le lendemain, c’était le départ pour Tadoussac. Un petit déjeuner plein de fruits, une dernière bise à notre hôte, qui s’est vu attribuer la palme de la meilleure hôte du Québec et du Nouveau-Brunswick combinés, et nous étions de retour sur la 185, direction Rivière-du-Loup.
Après une poutine sur la 20, un tour de traversier d’une heure et quelques touristes français, nous étions arrivés à l’auberge jeunesse de Tadoussac, où le festival Western allait bon train. Les chapeaux de cowboys pleuvaient, les bottes de foin parsemaient les parkings et la musique country battait son plein. Tracteur Jack allait donner deux spectacles au Café du Fjord; un le soir même, l’autre, le lendemain.
Les spectacles furent au-delà de nos attentes. Non seulement les foules étaient électrisantes, pleine d’énergie et de gens sur la brosse qui savent profiter de la vie et de la musique, mais aussi, nous avons eu droit à des démonstrations de breakdance par des gens de tout âge, des 7 carrés trop synchronisés et des touristes qui se demandent qu’est-ce que ça mange en hiver un Québécois. Notre collaboration avec Domlebo sur Folson Prison Blues, de Johnny Cash, était un moment mémorable de la tournée. L’ancien Cowboy Fringant a plus d’un tour dans son sac lorsqu’il se met à la guitare.
Bref, le lendemain du deuxième spectacle, les omelettes mangées et le café avalé, nous étions en route vers Gatineau. Un joli 8 heures de route nous attendait, avec ses pauses-pipi, la chaleur d’intérieur de van suffocante et ses collations grasses de bord de route. On a vite remarqué que la température en Outaouais est digne d’un climat tropical en comparaison avec celui de l’est et du nord.
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